Un mot de travers, une chanson à la radio, parfois rien du tout, et les larmes montent. Vous vous demandez ce qui vous arrive, pourquoi vous n'arrivez plus à vous retenir, et si c'est « normal ». Vous n'êtes pas en train de devenir fragile : votre corps et votre cœur vous disent quelque chose.
Pourquoi on a envie de pleurer tout le temps
Les larmes ne sont pas un défaut de fabrication. Ce sont une façon, pour l'organisme, de relâcher une tension. Quand on a envie de pleurer sans arrêt, c'est souvent que le « réservoir » est plein depuis longtemps et que le moindre événement le fait déborder.
Plusieurs choses peuvent l'expliquer, et elles se cumulent souvent :
- Une accumulation : des semaines ou des mois à tenir bon, à faire face, à ne rien montrer.
- Un manque de sommeil ou une grande fatigue, qui rendent chaque émotion plus vive et plus difficile à contenir.
- Un changement ou une perte : séparation, deuil, déménagement, départ des enfants, fin d'un contrat, même quand c'était « prévu ».
- Des émotions que vous avez mises de côté et qui reviennent, souvent au moment où vous baissez la garde.
- Une période de vie chargée où personne ne vous demande comment vous allez, vous.
Il arrive aussi que les larmes viennent sans que vous puissiez mettre un nom dessus. Si c'est votre cas, l'article sur la tristesse sans raison apparente peut vous aider à y voir plus clair.
Ce que ça fait de vivre avec les larmes tout près
Au-delà de la tristesse, il y a la gêne. Vous évitez les regards au travail, vous craignez de craquer devant vos enfants, vous regardez le plafond dans les transports en espérant que personne ne remarque vos yeux rouges. Certains se mettent à éviter les gens pour ne pas avoir à expliquer.
Un cercle se forme : plus vous retenez, plus la pression monte ; plus elle monte, plus vous avez peur de craquer ; plus vous avez peur, plus vous vous isolez. Et dans l'isolement, tout paraît plus lourd.
Ce qui aide vraiment
Laisser passer la vague au lieu de la combattre
Quand les larmes arrivent et que vous êtes en sécurité, laissez-les venir. Une crise de larmes dure en général quelques minutes, puis elle redescend. Lutter contre elle demande beaucoup d'énergie et la fait souvent durer plus longtemps. Si vous êtes en public, éloignez-vous quelques instants : toilettes, couloir, dehors.
Prendre soin du socle
Ce n'est pas glamour, mais c'est efficace. Quand on est à fleur de peau, les bases comptent double :
- Dormir : même une heure de coucher plus régulière aide. Si le soir est difficile, notre article sur les ruminations de la nuit propose des pistes.
- Manger quelque chose de simple à heures à peu près fixes.
- Bouger doucement : dix minutes de marche dehors suffisent à détendre le corps.
- Boire un verre d'eau et respirer lentement, en allongeant l'expiration, pour apaiser le corps.
Mettre des mots, même maladroits
Prenez un papier et écrivez : « En ce moment, ce qui me pèse, c'est… ». Ne cherchez pas à faire joli ni à trouver la « vraie » cause. Écrire sort les choses de la tête et vous donne parfois une première piste : c'est la fatigue, c'est ce deuil, c'est cette solitude.
Alléger ce qui peut l'être
Quand on pleure facilement, c'est souvent qu'on porte trop. Demandez-vous : qu'est-ce que je peux reporter, déléguer ou refuser cette semaine ? Une seule chose retirée de la liste change parfois beaucoup.
Pourquoi en parler change quelque chose
Les larmes retenues cherchent un endroit où se poser. Pouvoir dire à voix haute « je pleure pour un rien en ce moment et je ne comprends pas pourquoi » à quelqu'un qui écoute sans juger, c'est déjà un soulagement. Vous n'avez pas besoin d'avoir une explication ni de « bien raconter » : l'autre est là pour vous aider à démêler.
Si vous vous dites que vous n'avez personne pour ça, vous n'êtes pas la seule ni le seul : voyez notre article je n'ai personne à qui parler.
Quand demander de l'aide, et à qui
Il est temps d'en parler à un professionnel de santé, par exemple votre médecin traitant, quand :
- les larmes et la tristesse durent depuis plus de deux semaines, presque tous les jours ;
- vous n'avez plus goût à rien, même à ce que vous aimiez ;
- votre sommeil ou votre appétit sont très perturbés ;
- votre quotidien (travail, famille, tâches simples) devient difficile à tenir.
Si des idées noires apparaissent, ou si vous pensez que vous ne pouvez plus continuer, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24h/24. Vous n'avez pas à attendre d'aller « assez mal ».
Pour les moments où vous avez simplement besoin de déposer ce qui déborde, un écoutant peut vous accompagner. Sur Parlons, vous pouvez parler tout de suite, de façon anonyme, avec une première conversation de 20 minutes offerte, sans carte bancaire. Les écoutants sont bienveillants mais ne sont pas des médecins : ils sont là pour écouter, pas pour poser un diagnostic.
Vous avez le droit d'être fatigué(e) de tenir
Si vous avez envie de pleurer tout le temps, ce n'est ni un caprice ni un échec. C'est un message. Ce soir, vous pouvez commencer petit : un verre d'eau, quelques respirations lentes, trois lignes sur un papier. Et si vous le sentez, dire à quelqu'un, avec vos mots à vous, que ça déborde. Vous n'avez pas à porter ça seul(e).
Besoin d'en parler maintenant ?
Un écoutant bienveillant vous répond en direct, en toute confidentialité. Votre première conversation de 20 minutes est offerte, sans carte bancaire.
Commencer à parler →Cet article est proposé à titre d'information et de soutien. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Si vous êtes en danger ou en détresse aiguë, appelez le 3114 (gratuit, 24h/24) ou le 15.